Dimanche 3 Avril.
7h, le réveil sonne,ça fait tôt pour un dimanche matin et j’ai mal à la tête.
La veille au soir n’a pas été un exemple de préparation sportive !!!
Rendez vous à été pris avec Cédric à 8h30 à la boutique. Je m’y rend comme le présumé innocent qui se sait coupable se rend au tribunal: la sanction est inéluctable !!!
Auragne est un très joli village posé sur une colline dans un paysage Toscan à deux pas de Toulouse. En ce début de printemps le paysage réconforte immédiatement.
Cédric à eu une grosse semaine est ne se sent pas plus en forme que moi. Alors têtes baissées nous avançons vers l’inscription en ignorant les bulletins du 18kms. 10 borne suffiront pour se châtier n’est ce pas !!!
Un beau peloton de 340 jambes bavarde tranquillement sur la place du village. Je reconnais Sebastien Sarda, Fred Madhi , Charles Martins éternel V2, Cédric Marc et Thierry Corbarieu (récent vainqueur de la 555 ) sur le 18, David Poirier et Jean Lachuries ( redoutable V3) sur le 10.
Le départ commun aux 2 courses est en descente. Pff ils vont partir comme des balles. Vu mes qualités de vitesse et le vin blanc dégusté j’ai pas intérêt à me laisser gagner par l’euphorie. Je sais que les 2 courses se séparent au 3eme kilo: je me trouverai bien à ce moment là un petit groupe avec qui accomplir ma punition hein!!!
Vous avez lu « Autoportrait d’un coureur de fond » d’Haruki MURAKAMI ? « La peine est inévitable, la souffrance est optionnelle » Ben voila j’y suis.
Départ. Tout le monde se précipite vers la sortie du village et je me cale dans le peloton au coude à coude avec Cédric Marc du Cosatrail.
Au deuxième kilo, avant la première belle montée, un grand virage en plein champs me permet de voir que devant la bataille est déjà engagée. 16 coureurs sont devant moi avec Sebastien Sarda au commande et Fred Madhi en embuscade.
Bon nous voila rapidement dans la montée qui fait 1 kilo environ; en haut un ravito puis de suite derrière la bifurcation. A ma grande surprise je ne me fais pas manger par le peloton, juste Jean Lachuries qui me passe sans broncher, accompagné par un gars de l’athlé 632. Je les garde à vue en serrant les dents, la montée rapide c’est déjà pas mon truc en temps normal.
Verre d’eau, bifurcation et coup de théâtre!! la majorité des coureurs tourne à droite sur le 18 me laissant tout seul avec ma stratégie à 2 balles !!! Zut.
En même temps je réalise que je dois être dans les 10 premiers. Inespéré !!!
Sur la longue crête qui suit, plein vent de face ( bon, pas très fort le vent mais présent hein ..) je vois à 600 m devant David Poirier s’accrocher à deux dos qui le fuient, puis Cédric avec 2 compagnons à 300m et Jean Lachuries 60m devant moi.
Je ne me retourne pas et décide d’essayer de rester dans le sillage de Jean qui porte ses V3 de façon magnifique.
La crête en bitume et toute en faux plats et l’adrénaline à pris le dessus: je suis à fond, je verrai bien si je tiens, après tout il ne reste que 6 kilos.
Kilomètre 5, je rejoins Jean et lui offre mon dos en protection: » allez on s’accroche, on rentre comme ça !! » » Non je ne peux pas je suis de retour après 4 mois d’arrêt c’est très dur .. » il me répond.
Tu parles il ne lâchera jamais l’affaire et je l’aurai jusqu’au bout juste derrière moi. Le groupe Cédric est 300m devant moi et je rentre en chasse. Plus de nouvelles de David Poirier encore moins des 2 premiers déjà très loin.
Énorme descente en monotrace sous le couvert d’un bois, Cédric excelle dans ce genre de configuration j’ai peu de chance de revenir sur eux.
Grand plat traversant qui nous ramène sur la colline en face. Je les ai devant moi à 250m. J’ai repris un peu de terrain et la montée se profile: pff, pff, ne pas les laisser partir, pff, pff, ne pas se laisser rejoindre.
La montée, je serre ce que je peux encore serrer. Je les vois, là à 200m, bifurquer sur la gauche vers une légère descente dans une partie très agricole. Je ne me retourne pas. Allez allez Daniel accroche toi une place dans les 10 c’est encore faisable !!!
Je contrôle la pose de mes pieds, le terrain est très piègeux à cet endroit et quand je relève les yeux je les vois tous les trois courir vers moi !!!! hein kesskispass ???
Je comprends en 2 secondes: là à 5 mètres devant moi le parcours bifurque violemment à droite sur la hauteur du terre plein dans la forêt; Ils sont allés tout droit !! ils se sont plantés!!!!!Je plonge sur ma droite dans le bois au moment ou je les vois là bas foncer sur leur gauche!!!
Hein ? kesskifoute ???
Ils vont ressortir ou ? Je me dérate dans le bois, ça monte, ça descend, ils sont ou ??
Je sors du bois et ils sont là, à 50 m devant moi arrivant de nulle part !!
Cette fois ci je les tiens. Je connais l’arrivée: une énorme montée, façon n’importe quoi, jusqu’au centre du village.
Nous sommes déjà au pied de la bosse montrueuse, il reste 500m de course, je suis 10m derrière eux. Dans la montée je porterai mon attaque…si je peux.
Misère, ils ont fait le même calcul que moi, cest ballot non ?
Cédric part en premier, suivi inexorablement par le duo…. Grrrr !!
Je franchis la ligne d’arrivée derrière eux et j’attends pour féliciter Jean qui n’est vraiment pas loin.
David fait 3, Cédric 4 et moi 7.
Ben ça alors, pour une bonne surprise c’est une bonne surprise, en plus le ravito pour nous seuls c’est carrément inédit.
La prochaine course je passe au Rosé!!!!